Je t’aime, mon bébé pressé

Un texte de notre collaboratrice Krystel Meunier

Un p’tit peu trop tôt…

C’est par une soirée froide de mars que ma rencontre avec la prématurité a eu lieu. Et je peux vous jurer que mon coeur était devenu aussi froid que l’extérieur quand j’ai vu les médecins partir avec mon bébé.

Cette rencontre m’a fait voir la tristesse, la colère, l’amour et j’en passe. Tout un cocktail d’émotions.

Je n’ai aucun mot pour définir l’impuissance qui m’habitait lorsque j’ai rencontré ma fille, dans son incubateur, branchée de partout.

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Je n’ai pas de phrase qui pourrait expliquer à quel point j’ai eu mal, lorsque j’ai reçu mon congé et que je devais partir sans elle. À quel point mon coeur s’est brisé.

À travers l’épreuve de la prématurité, ce n’est pas juste le bébé qui se bat, c’est aussi la maman.

Parce que rien n’est sûr; tu te poses pleins de questions, et personne ne peut te répondre. La prématurité est un mystère, et un chemin à parcourir à l’aveuglette.

Chaque matin, j’allais te prendre, mon petit bébé, en faisant attention de ne pas accrocher tes fils et ton soluté et je t’enveloppais dans les couvertures chaudes de la pouponnière. Je te berçais des heures durant, quitte à m’endormir avec toi sur la chaise.

Puis l’infirmière venait te faire des tests, et j’étais toujours impatiente de connaître les résultats. J’avais toujours un petit pincement au coeur d’entendre tes cris, et je fermais les yeux.

Je voyais les autres mamans partir avec leurs bébés, et j’avais envie de pleurer chaque fois. Moi aussi, je te voulais à la maison. Je voulais mon petit bébé habillé, sans fils, collé sur moi sur notre chaise, et pas celle en bois de l’hôpital.

Je rentrais tard le soir à la maison, j’allais dans ta chambre et je regardais ton lit, vide, aussi vide que ma bedaine, aussi vide que ma tête. J’avais tant de misère à comprendre ce qui se passait vraiment. Et j’aurais tellement voulu te garder dans mon bedon , en sécurité et te laisser grandir jusqu’à la dernière semaine, et plus. Mais évidemment, rien ne se passe comme prévu.

Puis, un jour, on t’a enlevé tes fils et sortie de l’incubateur. J’avais tellement l’impression que ce n’était pas « normal » de te tenir et de pouvoir bouger librement avec toi. Même te mettre un pyjama me semblait étrange. Mais pourtant, mon coeur explosait de joie et débordait d’amour.

Et on m’a finalement annoncé que je pouvais repartir avec toi, dans l’après-midi. Je n’ai jamais ressenti un sentiment tel que la libération qui m’a envahie à ce moment précis. Te sortir de la pouponnière et te faire respirer le grand air, te montrer le soleil et les oiseaux, fut un accomplissement pour moi. Pour toi aussi.

Et depuis, tu ne fais que grandir. Et c’est si beau te voir aller. Mes longues journées qui semblaient une éternité à l’hôpital se sont transformées en journées trop courtes. J’ai envie d’arrêter le temps, mon amour. Mais je suis si fière de toi, tu es ma petite combattante.

Et si j’ai retenu une chose de mon histoire avec la prématurité, c’est que je serais toujours là pour toi, sans aucune limite.

Je t’aime, mon bébé pressé

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