Lettre à ma fille qui m’a sauvé la vie

Un texte de notre collaboratrice Krystel Meunier

Un mot de l’éditrice : Avant de lire ce texte, je vous suggère de lire Devenir maman à 17 ans pour en apprendre plus sur l’histoire de Krystel!

Ma fille,

Je ne pourrais jamais assez te dire merci.

Pourquoi? Pour m’avoir redonné le goût à la vie, tout simplement.

Lorsque j’ai appris que tu avais fait de mon ventre ta maison, tout ce qui avait du sens pour moi n’en avait plus tout à coup. Les partys, l’alcool, la drogue, les dépressions, l’anxiété… Ma p’tite vie typique d’adolescente était devenue un gros échec pour moi. Et je suis désolée d’avoir parcouru ce chemin.

Mais savoir que tu allais grandir en moi, ça m’a donné la force de moi-même grandir. 

Et j’ai appris chaque jour avec toi. 

J’ai appris à laisser les gens parler, parce qu’ils n’ont pas à me juger. C’est ma vie et ce sont mes choix. Tu m’as appris à rester forte et indépendante. Tu m’as appris que j’étais maître de mes envies.

J’ai appris que les partys, l’alcool, la drogue c’était un monde pour ceux qui ne sont pas capables d’affronter la réalité. Geler ses émotions en dansant sur de la musique qui sonne « cacanne » ou chercher un parc à l’abri de la police pour consommer afin de mettre sa vraie vie en suspens, c’est pas gagnant. Ça fait même pitié; je faisais pitié à voir. C’était lamentable. J’ai compris que je valais mieux que ça, et ça a été si simple de tout laisser tomber quand je t’ai vue à l’échographie. Tu étais devenue ma nouvelle réalité, la plus belle qui soit. 

J’ai appris à arrêter de me morfondre sur moi-même, que tout n’est pas toujours de ma faute. Que même si je ne réussis pas toujours, c’est pas grave. Que j’ai le droit d’avoir de la peine sans qu’elle me définisse en tant que personne. Que j’ai le droit d’avoir mal, sans laisser mon coeur s’effondrer chaque fois. J’ai appris que la seule responsable de mon malheur, c’était moi. Alors, le soir je faisais le vide dans ma p’tite tête en flattant ma belle bedaine, et je me demandais ce qui avait vraiment de l’importance. Ainsi, je me suis levée chaque matin avec un p’tit peu moins de poids sur mes épaules. Tranquillement, mon état dépressif qui m’accompagnait depuis longtemps déjà, est disparu. Et la peine, qui avait pris mon coeur pour cible, est partie, elle aussi. J’ai alors pu recommencer à sourire pour vrai.

L’amour. Tu m’as appris ce que c’était d’aimer quelqu’un. Moi qui croyait ne jamais pouvoir aimer quelqu’un plus fort que ton papa. Lorsque j’ai posé ma main sur ta petite tête, en regardant tes yeux noisette, oh ma princesse, j’ai ressenti le vrai amour. L’amour pur, fort, inconditionnel. Et c’est si beau, car ce sentiment ne fait que grandir, et mon être tout entier en déborde pour ta mini personne. Je t’aime, et je pèse chaque mot, chaque lettre, chaque son, ma fille, je t’aime.

Mon anxiété, j’aimerais te dire que je l’ai aussi vaincue. Mais non, c’est encore une longue bataille avec laquelle je perds et je gagne. Match nul. C’est difficile pour moi, mais chaque fois que j’ai l’impression d’étouffer, que j’ai le coeur qui va à 120km/h, je me retourne vers toi et je regarde tes yeux. Tu m’apaises, dans toute ta splendeur. Je suis contente de t’avoir à mes côtés dans ce combat. Je te promets qu’avec le temps, je le gagnerai. Je gagnerai pour moi, pour toi et pour nous, car tu le mérites tellement. 

À ta naissance, toutes mes décisions ont pris un sens, et on dirait que j’ai commencé à vivre à ce moment-là. J’ai enfin eu l’impression que j’avais fait des efforts pour une raison valable. Sentir ton coeur battre contre le mien et ton petit souffle chaud dans mon cou ont été des cadeaux après tous mes efforts. Tu es mon cadeau. 

Je continue d’apprendre chaque jour avec ton beau sourire. J’ai envie de continuer à être celle que je suis devenue, je n’ai jamais été aussi bien que maintenant. J’ai l’impression que ma vie est exactement ce qu’elle devait être : heureuse, parfaite, et c’est grâce à toi. 

Merci de m’avoir choisi pour être ta maman, et surtout, merci de m’avoir donné la chance de grandir. 

Suivez-nous sur Facebook pour lire d’autres textes!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s