Il m’a fallu 5 ans pour fuir sa violence

Un texte de notre collaboratrice Anne

Mon premier amour…

J’avais à peine 18 ans, et lui 21.

Nous étions jeunes et plein de fougue. Nous vivions loin l’un de l’autre, alors très rapidement, j’ai quitté le nid de ma mère pour aller le rejoindre, loin de tous.

Après presque un an de vie commune à être loin de mes repères et de mon monde, je m’ennuyais car il était très solitaire. Je lui ai demandé de venir vivre avec moi dans mon coin de pays, ce que nous avons fait.

Il a réalisé que j’avais une vie sociale avant lui. Il n’aimait personne. Que ce soit ami ou famille, il ne voulait pas les voir à la maison, ce que je respectais.

Nous avions des hauts et des bas comme tous les couples, mais quand c’est ta première relation sérieuse, tu ne sais pas trop où sont les limites. Donc nos hauts étaient très haut et nos bas, extrêmement bas. Il pouvait me traiter de pas mal tous les noms possibles et devenait souvent agressif. À chaque fois que nous avions un problème, c’était ma faute, il disait que je le poussais à bout de nerfs.

Un soir, nous revenions d’une soirée arrosée et nous nous sommes chicané plus fort qu’à l’habitude. Il m’a poussée dans le réfrigérateur d’une telle force que j’ai perdu pied et je suis tombée sur une chaise. J’en ai eu le souffle coupé pendant un instant. Ce soir-là, en plus de la douleur ressentie, j’ai eu peur. J’ai vu la rage dans ses yeux. Son comportement était inacceptable et j’ai fait venir la police car j’étais totalement paniquée. Je n’ai pas porté plainte, mais les policiers sont allés me reconduire chez mon père puisque je n’étais pas en état de conduire.

Le lendemain matin, il m’appelait en pleurant, me suppliant, s’excusant et il me demandait une dernière chance pour pouvoir se racheter. Alors, je suis retournée avec lui.

Dans les mois qui ont suivi, je suis tombée enceinte, et comme je voyais que mon homme avait un tempérament très contrôlant et que je venais de perdre mon emploi, je me suis fait avorter. Quelque chose en moi n’était pas prêt à vivre cette expérience avec lui, comme une petite voix intérieure qui me disait de ne pas prendre cette décision. Il était contre l’idée de l’avortement. Il m’en a voulu très longtemps pour ce geste qu’il qualifiait d' »égoïste ».

Presqu’un an plus tard, il se produit un autre évènement de violence physique (sans compter tous ceux qui étaient psychologiques); il m’a ruée de coups à la tête. J’en ai fait une crise de panique. Je lui tenais tête et il n’aimait pas ça, alors il voulait « casser mon caractère ». Il a fini par casser pas mal plus que ça. Il me terrorisait, me menaçait, me dégradait.

Je me souviens avoir déjà ressenti du mépris pour une fille qui me racontait ses problèmes avec son conjoint contrôlant. Dans ma tête, quand elle me racontait son histoire, je me disais que c’était simple pour elle, qu’elle n’avait qu’à partir.

J’ai eu tort de juger cette fille, car après cinq ans, j’étais encore sous l’emprise de cet homme, incapable de partir. J’étais alors à nouveau isolée, puisque nous avions déménagé, encore.

Je n’avais plus aucun respect envers moi-même, plus aucune dignité, plus d’estime ni de courage. Je ne me reconnaissais plus.

Plus le temps passait plus ses menaces était violentes. J’en ai fait une dépression, et c’est en consultant un psychologue que j’ai finalement réalisé que je vivais de la violence conjugale. Un jour, je suis partie, laissant tout derrière moi. C’était la seule façon que j’avais trouvé de ne plus jamais avoir affaire à lui. Après tout, je ne laissais que du matériel et ma santé est plus importante.

Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix de m’être fait avorter, car je ne l’aurais pas voulu comme père pour mon enfant. Je lui avais dit qu’envers mon enfant, je n’endurerais pas son comportement. Et j’ai finalement eu le déclic, est-ce que j’avais vraiment besoin d’un enfant pour ne plus tolérer ce qu’il me faisait subir? Non! Et alors, si je n’étais pas prête à le prendre comme père pour mes enfants, pourquoi je restais avec lui?

La décision de le quitter fut la meilleure que j’ai prise de ma vie. C’était un vrai manipulateur, il réussissait toujours à dire les bons mots pour que je reste. Avoir su que le quitter m’apporterait autant de positif dans ma vie, je l’aurais fait bien avant.

Suivez Famille à bord sur Facebook!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s