Mon chemin vers la maternité

Un texte de notre collaboratrice Axelle – Crédit photo : JP Labrie photographie

On a toutes une histoire, voici la mienne.

Un jour, avec l’homme, on s’est dit qu’il était temps de passer en deuxième vitesse. On n’était plus les premiers à penser à avoir des enfants, en fait, on s’enlignait pour être les derniers. Pas que je n’étais pas prête, mais l’homme…. L’homme est ce qu’il est. Il ne voulait surtout pas être le premier à bouleverser la vie du groupe avec un petit être qui hurle à pleins poumons, pour qui un party n’est peut-être pas ce qui convient le mieux.

Toujours est-il que nous avons starté la machine, ou pas. Je ne savais pas si mon corps était d’accord avec la maternité. J’avais des règles déréglées, et le gynécologue m’a même lancé le truc qu’aucune future mère ne veut entendre : « Peut-être que dans le fond, tu n’ovules pas! »

Panique!! J’y pense un peu (tout le temps), jusqu’à mon rendez-vous avec une interne et une caméra. Elle insère la caméra vous savez où, et boom, sur la télé à côté de ma tête, je vois mon intérieur, par l’intérieur. « Tout est beau comme dans les livres » et le gynéco fini en disant : « C’est la maison de tes futurs enfants que tu vois là! » Trois, deux, un, le torrent de larmes. C’est ben beau la technologie! Je suis belle en dedans, comme dans les livres! Un mois plus tard, on s’y met pour vrai, du genre #JePenseQueJ’OvuleC’estMaintenantQueÇaSePasse (Oui, sans vouloir effrayer l’homme, moi j’étais plutôt énervée)!

J’ai eu une grossesse vraiment normale. Presque plate. Je n’aurais pas pu dire que j’étais enceinte si je n’avais pas entendu son petit cœur à 9 semaines. J’ai ri et pleuré à la fois, de façon vraiment incontrôlable. Tellement que bébéloup s’est caché du doppler, et qu’on a perdu son petit bruit d’ailes de papillon. Je n’ai pas vraiment eu de maux de cœur ou à peine, un peu de fatigue, les larmes faciles, et un bedon qui tardait à se montrer.

J’ai fait mon petit bonhomme de chemin, en grossissant tranquillement, et en appréhendant mon accouchement, comme 99 % des femmes. On essaie toutes de faire les fortes devant les autres. Ça allait bien aller, j’ai lu là-dessus, ma playlist était prête, mon chum connaissait les points d’acupression…

Euh non, la playlist a pris le bord, les points d’acupression, bof. J’étais persuadée que j’allais accoucher naturel, que j’y arriverais. C’était avant de me ramasser en boule, soutenue sur le rebord en métal de mon lit d’hôpital à attendre, me mordant la main à pleines dents, l’anesthésiste qui était en salle de césarienne.

L’anesthésiste arrive après ce qui m’a semblé être une éternité, et de manière un peu cavalière, me demande de m’assoir, dos droit, mais pas trop, la tête droite, un peu penchée par en avant, à travers mes contractions du démon.

Elle me pique, oups… Elle me repique, oups… Elle me repique encore, oups… Elle se réessaie en disant qu’elle n’a jamais vu ça, des retours sanguins comme ça. (J’aimerais faire un retour sur le fait que je voulais faire ça naturel, parce que j’ai une peur bleue des aiguilles, et que j’ai la phobie de rester paralysée après la péridurale).

La 4e fois est la bonne. 15 minutes plus tard, l’infirmière arrive avec un sac de glace pour tester mes sensations… Je peux déjà lui dire que je suis gelée juste du côté droit! Je suis dilatée à 9 et je sens toujours mes contractions d’un côté. L’anesthésiste revient assez vite. Elle me joue après le cathéter et réinjecte une dose. Je ne sens littéralement plus ma jambe droite. Je connais maintenant la sensation d’être paralysée, et je sens encore toutes mes contractions du côté gauche.

Les infirmières ont rappelé l’anesthésiste encore une fois. Elle me dit en arrivant assez rapidement qu’elle a bien réfléchi, et que malgré n’avoir jamais vu ça, parfois certaines personnes ont le corps qui ne gèle que d’un côté. J’ai un peu peur d’accoucher semi-gelée… On n’est pas préparées à ce genre de situation, ils n’en parlent pas dans les cours prénataux. Elle me repique (5e fois!). Je gèle enfin du côté gauche, mais quand l’infirmière repasse le sac de glace, je le sens une fois sur deux. J’ai gelé marbrée, artistique jusqu’à l’accouchement toi!

Après deux heures de poussées intenses, qui m’ont valu des veines éclatées autour des yeux, bébéloup d’amour est né. Oui, oui. Le plus beau bébé de la terre était sur mon ventre en me regardant! J’ai pleuré encore. D’amour, de bonheur, d’épuisement, de douleur et de stress qui tombe.

Vous savez quoi, la morale de l’histoire, c’est qu’on fait encore des partys (qui finissent à 9h30), que ma parfaite maison est vacante et en attente d’une deuxième petite crevette, que j’ai beaucoup moins peur de l’accouchement, et que, le temps venu (seigneur!), je ne vais pas attendre si longtemps avant de prendre la péridurale.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Sabno dit :

    Wow, quel texte bien écrit! Tu es très facile à lire! Tu décris très bien le tout et on se laisse embarquer dans la lecture au tout début! Bravo 🙂

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  2. Marie-lynn proulx dit :

    Wow. Tellement bien d’écrit. Je me suis reconnu a plusieur niveaux dans ton texte. 😊

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