Retour au travail anticipé après mon long congé

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Un texte de notre collaboratrice Audrey DC

Le moment fatidique est arrivé : mes enfants débutent la garderie d’ici quelques jours. Je sais que je ne suis pas la seule à craindre ce moment. J’ai tenté de le retarder au maximum, mais les ressources financières commencent à s’épuiser. Dans beaucoup de familles que je connais, l’homme est celui qui rapporte la grosse partie du salaire. Chez nous, c’est moi. Ce qui fait que je ne peux pas me permettre de rester à la maison indéfiniment. Ma fille de deux ans n’a jamais fréquenté la garderie, puisque j’étais enceinte de 14 semaines lors de mon retour prévu au travail et que nous y sommes retirées à 13 semaines. Ça fait donc presque trois ans que je suis à la maison.  La date butoir est néanmoins tombée, je recommence le 18 septembre.

Je suis partagée entre deux émotions contradictoires en ce moment. J’ai le goût de me rouler en petite boule et de pleurer. J’ai surtout peur de manquer des moments importants, de ne pas voir les premiers pas de mon garçon, par exemple. J’ai de la difficulté à concevoir que quelqu’un d’autre va avoir la chance de vivre de beaux moments à ma place. Je sais que je vais m’ennuyer à mourir de tous ses petits instants de notre routine quotidienne, comme quand on se colle tous sur le divan en se levant le matin, ou qu’on s’installe à table pour déjeuner tranquillement et que rien ne nous attend pour la journée. Nous allons commencer une routine effrénée. Il nous faudra courir le matin. Nous n’aurons que très peu de temps ensemble le soir. Quelqu’un d’autre passera beaucoup plus de temps avec mes enfants que moi. Ça me rend triste.

Par contre, il y a certaines choses qui me remontent le moral. Je vois la joie de ma fille lorsqu’elle joue au parc avec d’autres enfants. Je sais comment elle aime voir ses trois cousines, à quel point son sourire resplendit de bonheur. Je sais qu’elle s’ennuie parfois et que je ne suis pas toujours au sommet de ma forme pour la distraire. Je voudrais faire un million de choses avec elle, mais les nuits de mauvais sommeil et les tâches à faire m’empêchent d’en faire autant que je voudrais. La garderie va lui plaire.

Je m’ennuie aussi un peu de mon travail. On dirait que je l’admets toujours avec culpabilité. J’ai étudié six ans pour devenir travailleuse sociale, et c’est un travail qui me captivait avant mon retrait préventif. On dirait par contre que le fait d’être maman a rendu le reste secondaire. Et c’est vrai. Mais j’aimais cette partie de ma vie et j’ai hâte de recommencer à exercer mon métier.

Si j’avais le choix, je préférerais un travail qui me permettrait de faire du temps partiel. Peut être qu’un jour ça sera possible. En attendant, je vais essayer de prendre une journée à la fois, de profiter des moments au travail pour prendre un café chaud et manger en même temps que les autres, pour une fois. Je vais écouter de la musique à tue-tête en me rendant au boulot le matin. Et c’est avec le cœur serré que je penserai à mes amours qui seront à la garderie. Je profiterai de chaque sourire et de chaque câlin pour me faire une réserve quand ils seront loin de moi.

Et vous, comment avez-vous vécu votre retour au travail?

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