Mon accouchement naturel sans épidurale

Un texte de notre collaboratrice Anne

Tout au long de ma grossesse, je m’étais préparée mentalement à vivre un accouchement sans épidurale. Je ne voulais pas l’avoir, c’était clair pour moi. Mais bien entendu, lorsqu’on dit aux gens que c’est notre première grossesse et que nous ne voulons pas l’épidurale, on se fait dire que nous allons probablement changer d’idée le moment venu. Je vais vous raconter comment j’ai vécu mon accouchement. Prenez note que je n’ai jamais ressenti de contractions avant le jour J, et qu’à 36SA, j’étais dilatée à trois centimètres.

Le matin de ma date prévue d’accouchement, j’ai perdu du liquide amninotique en me levant du lit. Pas beaucoup, mais je savais que ce n’était pas une fuite urinaire. J’ai commencé ma journée en appelant à la maternité. Ils m’ont conseillé de mettre une serviette sanitaire et de vérifier si elle se remplissait dans l’heure suivante. Deux heures plus tard, seul un rond de la grosseur d’un 2$ était visible dans la serviette. Comme je ne remplissais pas une serviette, on m’a dit que c’était probablement des pertes vaginales et que si j’étais trop inquiète, je pouvais me rendre sur place pour faire un prélèvement afin de détecter si vraiment c’était mes eaux.

J’ai laissé passer la journée, mais je n’avais pas la conscience tranquille. Vers 18h, j’ai demandé à mon conjoint de venir avec moi faire le test, juste pour me rassurer. Alors on a préparé les sacs au cas où… À ce stade ça faisait exactement 12h que j’avais eu la première fuite.

En arrivant sur place, ils m’ont fait le test, qui s’est avéré positif. Même le médecin était sceptique du résultat, puisque je n’avais vraiment pas beaucoup de pertes, elle a donc demandé un deuxième avis pour être certaine et c’était bel et bien une fissure des membranes. Elle est revenue en m’annonçant que nous allions nous diriger vers une autre salle pour l’accouchement. J’étais sous le choc, car depuis le début on me disait que c’était probablement des pertes vaginales. J’avais l’estomac dans les talons car je n’avais pas soupé et je m’attendais à me faire dire que c’était une fausse alerte. Le médecin m’installa alors pour percer les membranes puisque ça faisait plus de 12h que je perdais du liquide amniotique et que là, il fallait que ma fille sorte! En perçant les eaux, je perdis à peine une cuillère à table de liquide, tellement peu que le médecin se demandait si elle avait bien fait son travail.

Le vrai travail commença alors à se faire ressentir. On m’examina pour évaluer où j’en étais exactement. J’étais dilatée de quatre centimètres, mon col était effacé à 100% et la tête de bébé était bien en place. On me demanda si je voulais l’épidurale. Je dis non, mais j’acceptai de signer le consentement au cas où je changerais d’idée en cours de route. Parce que oui, mon idée était faite, mais comme c’est l’inconnu qui m’attendait, je ne savais pas si je serais capable de gérer aussi bien que je me l’imaginais. Pour le moment, les contractions étaient tolérables.

Le temps passa à vue d’œil et je gèrais bien les contractions, sauf que le travail n’avançais pas. Le temps jouait contre nous car ma fille devait sortir. Il y avait une femme dans une autre chambre que j’entendais crier très fort, et ses cris me perturbaient car je me disais que j’étais seulement dilatée de quatre centimètres, et j’avais peur que ce soit moi qui soit dans son état plus tard. Je devais me ressaisir à chaque fois que je l’entendais crier, car je perdais ma concentration et le fil de ma respiration.  

Au bout de quatre heures sans changement au niveau de mon col, il fallait me provoquer. Ils m’installèrent un cathéter et commencèrent à injecter un produit dans mes veines. Au même moment, l’intensité de mes contractions a changé assez rapidement, à un tel point que j’ai perdu la maîtrise que j’avais acquise au fil des heures précédentes. Je ne savais plus comment me positionner, je paniquais de plus en plus.

Tout à coup, ça poussait dans mes fesses, comme une envie soudaine d’aller aux toilettes, mais sans que j’en ait le contrôle. Après quinze minutes d’intenses souffrances, j’ai demandé l’épidurale car je n’en pouvais plus. Je pensais être encore à quatre centimètres et je ne voyais pas d’autre alternative pour me soulager. Au moment ou j’ai demandé l’épidurale, c’était le changement du quart de travail. La nouvelle infirmière m’a dit qu’elle ne trouvait pas cela normal que mon corps pousse comme ça si j’étais seulement dilatée de quatre centimètres. Elle décida de m’examiner avant d’aller chercher l’anesthésiste. 

J’étais complètement ouverte! Elle m’a dit qu’à la prochaine contraction, je pouvais pousser, et elle s’est dépêchée à faire venir le médecin et à préparer la chambre pour l’accouchement.

Il m’a suffi de trois poussées et j’avais ma fille dans les bras. En bonus, je n’ai pas déchiré. Mon accouchement aura duré 5h au total. Mon col a dilaté de quatre à dix centimères en l’espace de trente minutes environ. 

Le seul conseil que je peux vous donner est de vous faire confiance, suivez votre instinct et surtout, n’oubliez pas de respirer!

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