Ma dépression post-partum

Un texte d’une collaboratrice anonyme.

La dépression post-partum est arrivée surnoisement dans ma vie, sans que je ne puisse m’en apercevoir. Elle s’en est prise à moi à grands coups de poing au coeur. J’étais rendue plus qu’à terre quand j’ai réalisé que ça n’allait pas.

C’est arrivé quand, où, comment? Est-ce qu’elle s’est emparée de moi dans la salle d’accouchement, quand ils sont partis avec mon bébé? Étais-ce lorsque je restais des heures assise à la pouponnière, impuissante devant ma fille? S’est-elle doucement fait une place parmi mes nuits blanches? Je ne le sais pas, mais elle était bien là, et le cauchemar aussi était bien réel. J’avais l’impression de me lever chaque matin sans en avoir envie; de me lever le coeur lourd, la tête perdue. Plus la journée passait, plus j’étais anxieuse. Ça m’arrivait de me cacher dans la salle de bain car je n’arrivais plus à respirer, tellement tout se refermait autour de moi, autour de mon cou; tellement j’avais peur.

L’insomnie avait cette façon de me tenir éveillée en me tordant l’esprit. J’me perdais dans mes pensées. J’pensais à tout sauf à dormir. Et pourtant, j’en avais besoin, de ce sommeil-là. Mon corps le savait, mais pas mon coeur. J’ai ainsi accumulé de la fatigue, des cernes, et une fois de plus, de l’anxiété. J’étais tellement fatiguée que tout me tapait sur les nerfs. J’avais souvent envie de tout frapper pis de m’en aller. Et maudit que j’étais stressée.

Je n’étais même pas capable de prendre une marche avec ma p’tite, ni de faire une activité, parce que ma tête et ma chère amie l’anxiété me faisaient penser au pire. Toujours, j’avais peur, sans relâche. Peur qu’une auto nous frappe, qu’on ait un accident, que quelqu’un nous attaque… Ce sont toutes des choses improbables, mais pour moi, c’était des peurs concrètes.

Les gens me parlaient et j’avais l’impression de ne rien entendre, de ne rien comprendre. Ils parlaient dans le vide. Et le vide, c’était moi.

J’accumulais, j’accumulais, j’accumulais. Mon coeur a fini par exploser. Et c’est là que j’ai réalisé que j’étais à terre. Brisée.

Je parle au passé, parce qu’en fait, j’aimerais tellement que ce soit du passé.

Mais non, je suis rendue à l’étape où mon coeur ne veut plus, où ma tête déborde de pensées, où je me rends malade à force d’avoir mal et d’avoir peur. J’ai l’impression d’avoir échoué dans mon rôle de maman, d’amie, d’amoureuse, de femme.

Les gens autour de moi ne comprennent pas, et ne comprendront jamais. Oui, j’ai un beau petit bébé, j’ai une belle relation, une merveilleuse vie, mais ça ne va pas. Et je ne saurais dire pourquoi. J’ai de la misère et je ne fournis plus. Je n’ai envie de voir personne, je n’ai pas envie de sortir.

J’essaie de tenir debout, mais j’ai peur.

J’ai peur.

Mais toi ma fille, une chance que tu es là pour m’aider à tenir bon. Tes petits yeux me rappellent chaque jour que la vie vaut la peine d’être vécue. Ton sourire m’émerveille. Je t’aime à l’infini et je me battrai pour aller mieux. Tu es ma preuve qu’il y aura toujours du bon dans ce monde, même quand je suis au plus bas.

*Soyez assurés qu’avant de publier ce texte, je me suis assurée que son auteure soit entre bonnes mains et bénéficie d’un suivi psychologique pour l’aider à passer à travers cette situation difficile. Si vous vous reconnaissez à travers ses mots, je vous prie de demander de l’aide, parce que vous le méritez et que c’est important de prendre soin de vous.

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